Un retour à la réalité
13 Janvier 2026 | Silver Spring, Maryland, États-Unis | Brad Mills, Adventist Review
L’histoire de deux villes
Selon l’endroit où vous grandissez dans le monde, votre vision et votre compréhension du christianisme seront très différentes. Par exemple, si vous grandissez dans une ville animée du Brésil, vous pouvez difficilement quitter votre maison et arriver au travail sans voir plusieurs églises protestantes le long du parcours. Pour un brésilien ordinaire de l’agglomération de São Paulo – qui compte plus de 20 millions d’habitants – une journée normale pourrait ressembler à ceci : vous franchissez la porte d’entrée de votre domicile et, en marchant rapidement jusqu’au métro, vous passez devant un panneau publicitaire faisant la promotion de l’école élémentaire adventiste du septième jour du quartier. Lorsque vous vous faufilez dans le métro bondé, vous tombez sur quelqu’un qui porte un T-shirt qui porte l’inscription Impact Hope (Impact Espérance), avec un message proclamant que Jésus revient, ainsi que le logo de l’Église Adventiste estampé sur la manche. Lorsque vous descendez du métro et que vous vous arrêtez à l’épicerie pour acheter de quoi manger, la section des aliments naturels propose plusieurs articles produits par Superbom, l’entreprise alimentaire adventiste. Et enfin, après une longue journée de travail, vous vous rendez chez le médecin pour un examen rapide. Alors que vous patientez, la télévision dans la salle d’attente diffuse une émission de cuisine saine produite par Novo Tempo, Hope Channel au Brésil. Au cours de votre journée de travail, vous avez été en contact avec l’Église adventiste du septième jour à plusieurs reprises. Dans certaines régions du Brésil, comme Manaus, la capitale de l’état d’Amazonas, une personne sur 34 est adventiste du septième jour.
Bien sûr, votre ville ne ressemble peut-être pas à cela. Si vous traversez de nombreuses villes américaines, vous ne trouverez peut-être pas autant d’églises adventistes dans les environs, mais vous trouverez certainement d’autres églises chrétiennes. Dans certaines rues, vous pouvez voir plusieurs églises à quelques pas les unes des autres. Donc, lorsque votre pasteur parle de témoigner et de proclamer Jésus, vous pourriez être tenté de penser que le travail est terminé. Y a-t-il vraiment encore des gens qui n’ont jamais entendu parler de Lui ?
Imaginez que vous visitiez l’une des merveilles du monde : les mystérieuses pyramides de l’Égypte ancienne. Même si vous pourriez les imaginer plantées seules dans le désert, la vérité est qu’elles se trouvent à la périphérie d’une métropole qui connait une croissance rapide. Le Grand Caire compte plus de 20 millions d’habitants, soit une taille proche de celle de São Paulo. Pendant la journée de travail, 10 à 15 millions de personnes supplémentaires se rendent en ville, ce qui signifie que n’importe quel jour de la semaine, vous pourriez vous déplacer dans une ville de 30 millions de personnes. Les rues sont remplies de voitures qui klaxonnent, de conducteurs qui crient et de gens partout. Le Caire ne s’endort jamais.
Mais en explorant la ville, nous remarquons quelque chose de très différent de São Paulo. Une énorme différence attire notre attention : où sont toutes les églises ? Oui, il existe une église adventiste du septième jour reconnue au Caire. Mais elle compte seulement environ 300 membres, cela signifie qu’au lieu d’un adventiste pour 34 habitants (comme à Manaus), il n’y en a qu’environ un adventiste pour 100000 habitants. Il n’y a pas d’hôpitaux adventistes ni de chaîne Hope Channel qui diffuse le message de Jésus. Les chances de rencontrer par hasard un adventiste du septième jour sont très minces.
Alors, quelle est la situation réelle de notre monde ? L’avons-nous réellement déjà atteint ?
Les agences missionnaires qui étudient cette question divisent le monde en ce qu’elles appellent des « groupes de populations » – des groupes souvent définis par une langue, une culture et une identité communes. Les estimations varient selon les bases de données, mais la plupart conviennent qu’il existe environ 17000 groupes de populations distincts dans le monde.[1]
Parmi eux, entre 7200 et 7500 sont considérés comme « non atteints. » Les groupes de populations non encore touchés comptent en général moins de 5 pour cent de membres chrétiens et moins de 2 pour cent de croyants évangéliques.[2] Certaines agences missionnaires ajoutent que si un groupe ne dispose pas d’une église nationale forte, capable d’atteindre le reste de sa propre population sans aide extérieure, il est également considéré comme non atteint.
Lorsque nous incluons ces définitions, la conclusion choquante est la suivante : près de 3,5 milliards de personnes, soit plus de 40 pour cent de la population mondiale, ne sont toujours pas atteintes. Prenez le temps d’y réfléchir. Presque toutes les agences missionnaires s’accordent à dire que plus de 40 pour cent de la population mondiale est encore non atteinte.[3] Cela signifie que dans leur groupe de population, moins de 5 pour cent sont chrétiens.
Comment cela est-il possible, quand dans certains pays, on peut difficilement se rendre en voiture jusqu’à l’épicerie sans passer devant plusieurs églises ?
La majeure partie des personnes non touchées vivent dans la fenêtre 10/40, une ceinture géographique s’étendant de l’Afrique du Nord jusqu’en Asie en passant par le Moyen-Orient.[4] Beaucoup de personnes appartenant à ces groupes de populations, souvent des millions, vivent dans des pays où le travail missionnaire est restreint ou interdit. Pour aggraver les choses, seule une petite fraction de tous les missionnaires étrangers servent parmi les groupes les plus difficiles à atteindre. Pour de nombreuses raisons complexes, la plupart des agences qui envoient des missionnaires concentrent encore leurs ouvriers dans les populations déjà touchées.
Alors, comment devrions-nous réagir à ces réalités ? Que pouvons-nous faire, vous et moi personnellement ?
C’est comme aller chez le médecin et s’entendre dire que vous souffrez d’une maladie grave. Voudriez-vous qu’il vous cache la vérité ? Bien sûr que non, surtout si quelque chose pourrait être fait à ce sujet.
Ce que nous pouvons faire
Chaque personne qui lit cet article peut devenir un guerrier de prière actif. Ouvrez une carte en ligne, zoomez jusqu’à ce que vous voyiez apparaitre le nom des rues, des hôpitaux et des universités dans les pays qui se trouvent dans la fenêtre 10/40, et priez pour eux. Adoptez une ville spécifique et priez pour elle quotidiennement. Rappelez-vous que Gabriel est venu voir Daniel seulement après 21 jours de prière, un retard dû à un conflit spirituel avec le prince de Perse. Nous sommes dans une véritable guerre spirituelle. Priez pour l’effusion du Saint-Esprit sur ces villes. Priez directement à Dieu pour des lieux et des personnes que vous mentionnerez par leur nom.
Vous pouvez également rejoindre le mouvement Mission Refocus (Recentrage sur la Mission).[5] L’Église adventiste du septième jour est en train de remodeler sa stratégie missionnaire, en plaçant une nouvelle emphase sur la démarche visant à toucher ceux qui ne sont pas encore atteints. Les fonds et les appels sont redirigés vers l’implantation d’églises au sein des groupes non atteints. Des ministères de soutien tels que Adventist Frontier Missions (AFM)[6] envoient également des ouvriers dans des communautés non touchées. Demandez-vous si Dieu ne vous appelle pas à aller. Dans la prière, demandez-vous s’il vous a préparé « pour un temps comme celui-ci » à quitter votre maison et votre pays pour aller servir ailleurs. Si vous n’y allez pas vous-même, vous pouvez toujours faire des dons et contribuer à soutenir les missionnaires qui se préparent à partir.
Les faits sont clairs : l’œuvre n’est pas achevée. Dieu lui-même est responsable du salut de l’humanité, mais il nous a demandé d’y prendre part. Jésus a dit à ses disciples — et à nous : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28 : 19, 20).
Ceci est un appel à l’action. C’est un appel qui nous est lancé à vous et à moi, de nous mettre à genoux et de demander à Dieu : Quel rôle dois-je jouer pour que soient atteints ceux qui ne le sont pas encore ?[7]
Jésus revient. Jésus revient bientôt. Puissions-nous être trouvés actifs, proclamant la joie que nous avons en Lui !
[1] “The Traveling Team,” Missions Statistics. Consulté le 21 Sept. 2025. https://www.thetravelingteam.org/stats.
[2] “International Mission Board,” Global Research Department (GRD). Consulté le 21 Sept. 2025. https://grd.imb.org.
[3] “Joshua Project,” Unreached People Groups. Consulté le 21 Sept. 2025. https://joshuaproject.net.
[4] “Project 42 Partners,” Statistics. Consulté le 21 Sept. 2025. https://www.project42partners.org/stats.
[5] Adventist Mission. Mission 360, vol. 12, no. 4-10. Consulté le 21 Sept. 2025. https://am.adventistmission.org/m360v12n4-10.
[6] Adventist Frontier Missions (AFM). Adventist Frontier Missions Online. Consulté le 21 Sept. 2025. http://www.afmonline.org.
[7] “What is a UPG?” Global Frontier Missions. Consulté le 21 Sept. 2025. https://www.globalfrontiermissions.org/missions-101/the-unreached-peoples-and-their-role-in-the-great-commission.
Traduction: Patrick Luciathe