Prendre soin des personnes vulnérables fait toujours la différence, aujourd’hui plus que jamais.

10 Mars 2026 | Silver Spring, Maryland, États-Unis | Paulo Lopes, ADRA International

« Celui qui a pitié du pauvre prête à l’Eternel, Qui lui rendra selon son oeuvre. » (Proverbes 19:17).

Dans un monde souvent submergé par des crises successives et des besoins incessants, j’entends parfois une question en particulier : Cela sert-il encore à quelque chose d’aider les autres ? Face à tant de problèmes, tant de souffrance, les actes de compassion individuels comptent-ils encore ?

Paulo Lopes discute avec un jeune enfant lors d’un voyage d’ADRA Connections au Pérou en 2023. [Photo : ADRA International]


Ma réponse est sans équivoque : Oui. Aujourd’hui plus que jamais.
La question derrière la question

Je comprends pourquoi les gens posent la question. Nous sommes quotidiennement bombardés d’images de catastrophes, de déplacements de population et de privations. L’ampleur du problème peut être paralysante. Lorsque des millions de personnes sont confrontées à une crise, quelle différence peut faire un seul don ? Quand les systèmes semblent irrémédiablement dégradés, à quoi bon donner ?

Mais j’ai appris que cette question révèle souvent quelque chose de plus profond que le simple doute. C’est en réalité se demander : « Suis-je à la hauteur ? Ma contribution sera-t-elle suffisante pour compter ? »

Voici ce que je veux que vous sachiez : la compassion ne se mesure pas à l’aune de la quantité. Elle se mesure à la présence, au témoignage, au simple fait de percevoir l’humanité de l’autre et d’y répondre.

Ce à quoi ressemble la vulnérabilité

Les plus vulnérables ne sont ni une catégorie ni une statistique. C’est la femme âgée dont la pension ne suffit pas à couvrir ses besoins en nourriture et en médicaments. C’est cet enfant dont l’éducation dépend de ce qu’il pleuve ou pas. C’est cette famille déplacée par un conflit, qui tente de reconstruire dans un lieu qui n’est pas chez elle. C’est cet adolescent qui souffre de problèmes de santé mentale dans une communauté sans services de soutien psychologique.

La vulnérabilité prend d’innombrables formes qui ont toutes un point commun : l’expérience d’être à la limite, où un seul revers peut faire passer de la stabilité à la crise. Et aux quatre coins du monde, ce sont nos voisins.

Le principe biblique de Proverbes 19 :17 illustre magnifiquement cela. Lorsque nous faisons preuve de bonté envers ceux qui souffrent, nous ne faisons pas simplement preuve de charité. Nous entrons dans quelque chose de sacré. Nous prêtons au Seigneur lui-même, confiants que nos actes de compassion font écho d’une manière que nous ne verrons ou ne percevrons peut-être jamais pleinement.

Paulo Lopes, président d’ADRA International, prie lors d’une récente visite à l’association Keep Girls Safe avec des membres d’ADRA Thaïlande. [Photo : ADRA International]

La force de la présence

Au cours de mes années passées à ADRA, j’ai été témoin d’une chose profonde : l’impact de la compassion à moins à voir avec l’ampleur de l’intervention et plus à voir avec le message qu’elle envoie.

Lorsque des communautés reçoivent de l’aide après une catastrophe, oui, elles ont besoin d’une aide concrète : des abris, de l’eau potable, des fournitures d’urgence. Mais ce qui transforme les gens, ce ne sont pas simplement les ressources. C’est le fait de savoir que quelqu’un, quelque part, a refusé de détourner le regard. Quelqu’un a vu leur souffrance et a choisi de réagir.

C’est pourquoi la compassion compte encore. Non pas parce que nous pouvons résoudre tous les problèmes ou venir en aide à tous ceux qui sont dans le besoin. Mais parce que chaque acte de bienveillance proclame une vérité que le monde a désespérément besoin d’entendre. Votre vie a une valeur intrinsèque. Vous avez votre place. Quelqu’un se soucie de vous.

Au-delà de la simple transaction

Notre mission humanitaire à ADRA m’a appris que la compassion la plus efficace va au-delà de la transaction pour s’inscrire dans le cadre d’une relation. Nous ne nous contentons pas d’apporter de l’aide pour ensuite disparaître. Nous cheminons aux côtés des communautés. Nous écoutons. Nous apprenons. Nous célébrons les victoires et pleurons ensemble lors des pertes.

Cette approche reflète un aspect essentiel du fait que donner compte. Nous ne nous positionnons pas comme des sauveurs détenant toutes les réponses. Nous reconnaissons notre humanité commune, et nous reconnaissons que la frontière entre celui qui aide et celui qui est aidé est bien plus mince que nous ne l’imaginons bien souvent.

Cette mère dans un camp de réfugiés qui apprend à lire à ses enfants à la lueur d’une bougie ? Elle ne fait pas que recevoir de l’aide. Elle fait preuve d’une résilience qui peut nous donner des leçons sur la force. Cet agriculteur qui s’adapte au changement climatique grâce à un savoir ancestral transmis de génération en génération ? Il n’est pas simplement le bénéficiaire d’un projet. C’est un expert que nous avons le privilège de soutenir.

Aider les autres n’est pas une voie à sens unique. C’est reconnaître que nous sommes tous vulnérables de différentes manières, tous dépendants de la grâce, tous ayant besoin de compassion à divers moments de notre vie.

Une mère et sa fille sont assises ensemble sur un muret en Colombie. [Photo : « Étrangers parmi nous »]

L’invitation

Donc, quand les gens demandent si la compassion a encore de l’importance, je pense à toutes les communautés où nous servons et où l’espoir renaît, une famille à la fois. Je pense aux programmes de lutte contre la faim, aux programmes qui offrent des soins de santé, qui garantissent l’accès à l’éducation, qui interviennent en cas d’urgence. Je pense aux dirigeants locaux dans 120 pays qui répondent présents chaque jour car ils croient que la vie de leurs voisins a une valeur infinie.

Et je me souviens que Dieu ne nous appelle pas à tout réparer. Il nous appelle à être fidèles avec ce qui est devant nous. À répondre aux besoins avec justice et miséricorde. À nous souvenir que lorsque nous faisons preuve de bienveillance envers les personnes vulnérables, nous ne faisons pas que les aider. Nous participons à quelque chose qui compte profondément pour Dieu lui-même.

La question n’est pas de savoir si votre compassion est assez grande pour résoudre les problèmes du monde. La question est de savoir si vous répondrez aux besoins que vous pouvez voir, en ayant confiance dans le fait que Dieu multiplie nos dons d’une façon qui dépasse notre imagination.

Cet adolescent qui apprend à gérer son anxiété grâce à un programme de santé mentale ? C’est votre compassion en action. Cette famille qui reconstruit après avoir tout perdu dans un ouragan ? C’est votre compassion qui lui offre un abri. Cette jeune fille qui peut poursuivre ses études grâce à l’accès à des installations sanitaires sûres ? C’est votre compassion qui change le cours d’une vie.

La compassion a toujours de l’importante car les gens ont encore de l’importance. Car la vulnérabilité est bien réelle. Car nous servons un Dieu qui remarque le moineau qui tombe et qui compte les cheveux sur chaque tête.

Dans un monde qui semble parfois trop dégénéré pour être restauré, votre bonté n’est pas insignifiante. C’est exactement ce dont on a besoin. Et elle compte plus que vous ne le saurez jamais.

Laversion originale de ce communiqué a été publiée par ADRA International.

Traduction: Patrick Luciathe