Laura Acosta encourage les communicatrices à accorder la priorité aux relations et à la responsabilité dans l’évangélisation numérique.
Le 5 avril 2026 | Miami, Floride, États-Unis | Libna Stevens, département des Actualités de la Division interaméricaine
« Quand vous communiquez, vous ne faites pas qu’atteindre des gens, vous héritez d’une responsabilité envers eux », a dit Laura Acosta lors du dernier épisode de la série Creative Disciples (« Disciples créatives ») en incitant les femmes du territoire de la Division interaméricaine (DIA) à repenser leur approche en matière de création de contenu.
Mme Acosta, directrice adjointe des communications de l’Union sud-colombienne, a axé sa présentation sur le fossé croissant dans le ministère numérique, soit la différence entre la création de contenu et l’évangélisation sincère.
« Bien des gens veulent créer du contenu, mais peu veulent évangéliser », a-t-elle dit.
Du contenu au suivi attentionné
Puisant dans ses expériences, Mme Acosta a partagé la façon dont de simples et honnêtes publications sur les luttes spirituelles et les difficultés personnelles ouvrent des portes insoupçonnées à de plus profondes conversations.
« Les gens ont commencé à écrire, à ouvrir leur cœur… à dire qu’ils étaient fatigués, qu’ils ne savaient pas quoi faire de leur vie », a-t-elle expliqué.
Ce moment-là lui a révélé une transition essentielle en matière de ministère numérique.
« Créer du contenu est une chose. Savoir comment prendre soin des gens qui consomment nos publications est une toute autre chose. »
Cette réalisation a mené à un principe central : « L’évangélisation, ce n’est pas la conversation, mais l’accompagnement, le fait de marcher avec les gens. »
Une transition en matière de point focal
Mme Acosta a souligné le fait que l’évangélisation efficace dans les espaces numériques nécessite d’aller au-delà des débats et des réponses rapides.
« L’évangélisation, ce n’est pas gagner des débats dans les commentaires, a-t-elle souligné, c’est marcher avec une personne, l’accompagnant dans son parcours. »
Dans une culture numérique rapide et poussée par les réactions immédiates, elle a encouragé les communicatrices à ralentir et à écouter de manière intentionnelle.
« Les gens ont des procédés mentaux, des heures d’activités, des histoires », a-t-elle dit.
Plutôt que d’aborder seulement ce qu’elles disent, elle a incité les créatrices à considérer là où elles conduisent les gens.
« Le contenu attire, mais il a besoin de direction », a-t-elle expliqué.
Sans cette direction, la participation pourrait augmenter, mais pas la transformation.
« Sans direction, vous aurez des interaction, mais aucune transformation. »
Une méthode plutôt que de simples publications
L’épisode met l’accent sur l’importance de créer de claires méthodes de suivi pour ceux et celles qui s’intéressent à notre contenu.
« Si vous créez du contenu sur l’anxiété, cela ne peut s’arrêter à la publication », a dit Mme Acosta.
Pour guider les personnes vers un engagement plus profond, elle a encouragé les ministères à préparer les étapes suivantes, comme les études bibliques, les invitations à se joindre à un petit groupe ou l’offre de ressources utiles.
« Il doit y avoir une méthode », a-t-elle dit.
Elle a aussi souligné l’importance de structurer des équipes de ministères numériques, même dans d’humbles contextes.
« Il ne suffit pas de créer du contenu, il faut soutenir ce que vous créez », a-t-elle expliqué.
L’écoute intentionnelle
Une autre leçon clé portait sur l’importance de l’écoute intentionnelle.
Selon Mme Acosta, « L’erreur de répondre trop rapidement sur les médias sociaux est très répandue. »
Elle encourage donc les femmes à lire les messages attentivement, non pas pour comprendre le contenu seulement, mais pour déceler l’émotion.
« Lisez chaque message deux fois, d’abord pour comprendre ce qu’il dit, puis pour identifier les sentiments de la personne. »
Et plutôt que de répondre immédiatement, elle recommande de poser des questions réfléchies qui ouvrent l’espace conversationnel et la confiance.
« La validation n’implique pas nécessairement l’approbation, a-t-elle ajouté. Vous pouvez reconnaître la souffrance d’une personne sans justifier ses décisions. »
La création de communautés en ligne sécuritaires
Mme Acosta a encouragé les ministères à repenser les mesures de réussite en évangélisation numérique.
« L’objectif n’est pas d’avoir des followers, mais de créer une communauté », a-t-elle dit.
Elle a décrit un processus qui va de l’interaction à la relation : un commentaire mène à une réaction, puis à un message privé, puis à des ressources, un suivi et peut-être enfin à la recommandation d’une église locale. « C’est ça l’accompagnement. »
Elle a aussi souligné le rôle de la technologie dans le soutien (et non le remplacement) de ce processus.
« La technologie ne remplace pas l’accompagnement, elle le facilite. »
La redéfinition de l’impact
Mme Acosta a encouragé les dirigeantes à redéfinir la façon dont elles évaluent leur réussite dans le ministère numérique.
« Nous nous évaluons par les likes et les commentaires, mais nous devrions plutôt nous évaluer par rapport aux gens dont nous prenons soin », a-t-elle dit.
Les indicateurs tels que le nombre de conversations entamées, de suivis maintenus et de personnes liées à la communauté, a-t-elle expliqué, sont meilleurs pour mesurer l’impact réel.
Pour terminer, elle a lancé un défi pour la semaine : cesser de débattre et développer des relations. « Commencez à construire des ponts. »
Elle a encouragé les participantes à reprendre contact avec une personne avec qui elles avaient eu un désaccord en ligne, non pas pour remporter un débat, mais pour lui témoigner un souci sincère.
« Parfois, une porte s’ouvre, non pas parce que nous avons raison, mais parce que nous avons manifesté un réel intérêt. »
Elle a également demandé aux communicatrices de partager des expériences plus authentiques et personnelles. « Montrez votre humanité davantage que votre contenu. »
Une nouvelle approche évangélique
À la fin de l’épisode, Mme Acosta a résumé son message par un rappel clair :
« Évangéliser, ce n’est pas produire plus de contenu, c’est prendre mieux soin des gens avec qui nous interagissons. »
Traduction : Marie-Michèle Robitaille