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Les délégués à la prochaine Session de la Conférence Générale voteront sur la proposition de l’Union de Fédérations Allemande.

20 avril 2026 | Silver Spring, Maryland, États-Unis | Marcos Paseggi, Adventist Review

Les membres du Comité Exécutif de la Conférence Générale (GC EXCOM) ont voté de recommander la fusion de l’Union de Fédérations du Nord de l’Allemagne (NGU) et de l’Union de Fédérations du Sud de l’Allemagne (SGU) pour former une seule Union de Fédérations Allemande. Le vote a eu lieu le 14 avril, lors de la première journée de la Rencontre de Printemps 2026 de l’organisation, au siège de l’Église adventiste du septième jour à Silver Spring, dans le Maryland, aux États-Unis.

C’est « une chose que je ne me souviens pas avoir faite dans les 40 dernières années au moins, » a reconnu Tom Lemon, vice-président de la Conférence Générale, en présentant le point à l’ordre du jour. « Il s’agit d’un vote pour fusionner deux unions plutôt que de les scinder. »

Photo d’archive de la réunion conjointe des délégués de l’Union de Fédérations du Nord de l’Allemagne et de ceux de l’Union de Fédérations du Sud de l’Allemagne à l’Université Adventiste de Friedensau en 2022, au cours de laquelle ils ont voté en faveur de la fusion. [© Photo : Steve Kamatis / APD]

Réponse aux réalités actuelles Tom Lemon a déclaré que cette décision est une réponse à des « considérations missionnaires, administratives et organisationnelles actuelles » et que cette réorganisation « témoigne d’un engagement commun à renforcer l’évangélisation, à améliorer l’efficacité administrative et à gérer les ressources de manière responsable sur le territoire allemand. » Il a ajouté que « la fusion s’appuie sur plusieurs années de collaboration croissante entre les deux unions, notamment au niveau de l’harmonisation des fonctions départementales, de la planification stratégique partagée et de la consolidation des opérations administratives. » Il a expliqué : « Ces évolutions ont démontré les avantages d’une direction unifiée et d’une stratégie missionnaire coordonnée, tout en réduisant les doublons et la complexité. »

De même, Karen Porter, secrétaire adjointe de la Conférence Générale, a expliqué que la création d’une seule Union de Fédérations Allemande « permettra d’établir une structure organisationnelle plus claire, d’améliorer notre capacité à répondre aux évolutions démographiques et sociétales, et de favoriser une utilisation des ressources humaines et financières plus agile et plus axée sur la mission. » Elle a ajouté : « Cette réorganisation vise à placer l’Église en Allemagne dans une position favorisant une croissance durable, un témoignage efficace et l’accomplissement fidèle de sa mission dans les années à venir. »

Un examen historique

Les membres et invités du Comité Exécutif de la Conférence Générale ont ensuite visionné une courte vidéo retraçant l’historique et les raisons de ce projet de fusion. « Ce contexte explique pourquoi nous avons travaillé sans relâche depuis près de 40 ans pour doter une Église très organisée, d’une structure plus légère, » a expliqué le narrateur de la vidéo au début de la présentation. « Notre objectif est d’accomplir notre mission plus efficacement, en proclamant la bonne nouvelle du royaume de Dieu à une société dans une Europe sécularisée. »

Vue du nouveau siège commun de l’Église adventiste du septième jour en Allemagne. [Image : Capture d’écran de la présentation faite lors de la Rencontre de Printemps de l’EXCOM]

La vidéo expliquait comment, en 1984, la SGU avait lancé l’étude d’une fusion potentielle et comment, en 1987, un groupe d’experts avait été chargé d’étudier cette fusion, qui a été officiellement recommandée en 1989. « La chute historique du rideau de fer a ouvert de nouvelles perspectives d’unité à travers l’Allemagne, et la réunification politique de l’Allemagne de l’Ouest et de l’Allemagne de l’Est a transformé le paysage pour l’organisation de l’église, » était-il encore dit dans la vidéo.

À partir de 1992, plusieurs tentatives de fusion ont échoué, notamment un vote serré en 2002, lorsque la NGU a voté pour la fusion tandis que la SGU a voté contre. Mais en 2013, les deux unions ont entamé un processus de collaboration de plus en plus étroite, jetant les bases de l’unité. « Malgré les revers, la vision de l’unité n’a jamais été abandonnée » et « la coopération est devenue le pont vers une fusion éventuelle. »

Depuis 2014, ces tentatives ont notamment inclus la mise en place d’un directeur financier et d’un secrétaire (vice-président) servant les deux territoires simultanément, un budget unique, des départements communs et une gouvernance commune. Plutôt que d’attendre un vote formel sur la fusion, les deux unions ont commencé à fonctionner comme une seule entité dans les faits, instaurant la confiance, harmonisant leurs systèmes et démontrant que l’unité était déjà possible. Cette période a permis une intégration tangible et durable dans toutes les dimensions de l’Église.

En novembre 2022, la Division Inter Européenne, qui inclut l’Allemagne, a approuvé la fusion à l’unanimité.

Soutien basé sur les faits et les données

Parmi les faits et les données qui militent en faveur de la fusion, on note une diminution de l’effectif de membres (de 35195 membres baptisés en 2010 à 34494 en 2024), mais une relative solidité financière, les dîmes ayant augmenté, passant de 39 millions d’euros (43 millions de dollars américains) en 2015 à 51 millions d’euros (57 millions de dollars américains) en 2025. « L’Église garde une bonne santé financière et est prête pour la mission, » déclare le narrateur de la vidéo.

D’après les dirigeants religieux régionaux, la fusion apuyera la stratégie – conférant au territoire une grande agilité dans une société qui connait une mutation rapide – et l’unité, car l’Église parlera d’une seule voix en public. Elle permettra également une plus grande efficacité (décisions plus rapides, élimination des doublons) et une amélioration des finances, grâce à l’accès à des ressources supplémentaires pour la mission.

« La fusion n’est pas un simple projet d’avenir, c’est déjà une réalité dans la pratique. Des années d’intégration délibérée ont produit des résultats mesurables qui prouvent que le modèle fonctionne, » indique le narrateur.

Réinvestissement dans la mission

Les gains d’efficacité et les économies réalisées sont déjà réinvestis dans le développement de la mission, ont indiqué les dirigeants régionaux de l’Église. « L’intégration organisationnelle ne vise pas seulement à faire des économies ; il s’agit de réorienter chaque dollar libéré vers la mission de l’Église. » Ces gains se sont déjà traduits par 580000 dollars américains pour les campagnes d’évangélisation et les petits groupes en Allemagne, 1,85 million de dollars pour HopeTV et 1,15 million de dollars pour des initiatives d’implantation d’églises.

Depuis la salle, Alexander Ott, un germanophone, secrétaire adjoint de la Conférence Générale, a salué l’accent mis par les dirigeants allemands sur la mission. « Nous voyons deux unions qui rationalisent les ressources, » ce qui « constituera un tremplin vers une plus grande efficacité dans la mission. »

La proposition de recommander la fusion à la prochaine Session de la Conférence Générale a été adoptée par 170 voix contre 4.

Traduction: Patrick Luciathe