Vingt ans de prière ouvrent des perspectives prometteuses pour la construction d’une église et d’une école
29 septembre 2026 | Bogota, Colombie | Marcos Paseggi, Adventist Review
Le processus commence généralement par la prière. Beaucoup de prière. En effet, lorsque les dirigeants de Maranatha Volunteers International sont arrivés en Colombie le 16 août pour une visite exploratoire, les dirigeants régionaux de l’Église ainsi que les membres, priaient déjà depuis des décennies.
« Vous êtes la réponse à vingt ans de prières, » a déclaré Henry Beltran, président de l’Union du Sud de la Colombie, en accueillant les dirigeants de Maranatha au siège régional de l’Église à Bogotá, en Colombie, le 17 août. Alors que les difficultés sociales et politiques passées avaient empêché Maranatha d’œuvrer en Colombie, les dirigeants de Maranatha se sont dits ravis des perspectives actuelles dans ce pays d’Amérique du Sud.

Collaborer avec les dirigeants de l’Église
Maranatha, un ministère de soutien de l’Église adventiste du septième jour qui construit des églises et des écoles et fore des puits d’eau potable à travers le monde, a fait preuve de constance au cours de ses 57 années de service dirigé par des laïcs dans plus de 90 pays. Le processus, de la prière à la conception, puis de la mise en œuvre à l’achèvement, est rigoureux, et certaines étapes sont incontournables, ont indiqué les dirigeants de ce ministère.
« Nous n’agissons jamais de manière indépendante en dehors de l’organisation de l’Église adventiste,» a expliqué Don Noble, président de Maranatha. « Pour nous implanter et lancer une initiative dans un lieu donné, il faut obtenir l’adhésion de l’admiinstration locale et régionale. Si les votes nécessaires au sein des conseils d’administration compétents ne sont pas pris, nous ne nous lançons tout simplement pas. »

Il s’agit d’un processus parfois lent et laborieux, qui garantit néanmoins que chaque champ de l’Église adhère à l’initiative coordonnée par Maranatha sur un territoire donné et s’engage à la soutenir, ont expliqué les dirigeants du ministère.
Uniquement les bâtiments dont ils peuvent se porter garants
Par ailleurs, Maranatha a décidé, il y a plusieurs années, de ne pas mener à bien les projets de construction commencés par une autre entité. « Pour des raisons d’assurance et de crédibilité, nous ne terminons généralement pas ce que d’autres ont commencé à construire, » a expliqué Kenneth Weiss, vice-président général de Maranatha. « Nos bâtiments respectent un plan établi et sont généralement résistants aux ouragans. Mais nous ne pouvons pas nous porter garants de bâtiments soumis à des normes ou des certifications différentes. »

Les dirigeants de Maranatha estiment que cette approche est la plus sûre et que le fait de l’avoir suivie leur a évité de gros problèmes tout au long de leur histoire. « Imaginez que l’on achève la construction d’une église ou d’une école dont on ignore tout des fondations, » a expliqué Kenneth Weiss. « Si un incident venait à se produire, les gens diraient : ‘C’est la faute de Maranatha,’ même si ce n’est pas le cas. Et la réputation de notre ministère en serait ternie. »
Rencontre avec les dirigeants de l’Église
Dans le cadre de la procédure préalable au lancement d’un projet dans un pays et une localité donnés, Maranatha commence généralement par rencontrer les dirigeants régionaux de l’Église, les fournisseurs de matériaux et, parfois même, des représentants des pouvoirs publics. Dans le cas de la Colombie, cette procédure a débuté à plusieurs kilomètres au nord-ouest de Bogotá.

« Il y a quelques mois, nous avons rencontré les dirigeants de la Division Inter Américaine (DIA) de l’Église adventiste à son siège régional de Miami, » a déclaré Don Noble, précisant que la Colombie fait partie de cette région administrative de l’Église. « Nous avons rencontré le président [de la DIA], Abner De los Santos, et nous lui avons dit : ‘Dites-nous ce dont vous avez besoin et comment nous pourrions vous aider.’ »
À l’issue de consultations et de discussions approfondies, ils ont convenu que le ministère étudierait les moyens de venir en Colombie pour y travailler pour la première fois. « L’Église et Maranatha se sont donc mises d’accord sur le lieu avant même que nous ne mettions les pieds dans le pays, » a dit Don Noble.

Visite et rencontres sur le terrain
En août, lors d’une visite de quatre jours sur le territoire de l’Union du Sud de la Colombie, les dirigeants de Maranatha ont rencontré les dirigeants régionaux de l’Église et ont visité plusieurs terrains sur lesquels le territoire espère construire des églises ou des écoles avec l’aide du ministère. Ils ont également visité au moins une église nécessitant une rénovation urgente, et ont discuté des perspectives et de certains coûts avec des fournisseurs locaux, ainsi que des options de stockage en entrepôt.
« Maranatha propose différents modèles et plans qui peuvent être adaptés aux besoins des églises locales, » a expliqué Don Noble. « Parfois, les membres d’une église locale ont simplement besoin d’un lieu de culte et de quelques salles pour les enfants. D’autres souhaitent que tout s’articule autour d’une école, ou bien il s’agit parfois d’une combinaison des deux. »

Poser des questions difficiles
Ce processus implique de poser de nombreuses questions, dont certaines sont difficiles : Disposez-vous d’un budget pour ce projet ? Que compte faire l’Église régionale pour soutenir ce projet ? Avez-vous déjà acheté un terrain ? Avez-vous fini de le payer ? Qu’en est-il du zonage ou des autres réglementations locales ? Disposez-vous déjà d’un permis de construire ? Quel est le moyen le plus simple — et le moins coûteux — d’acheminer les matériaux de construction jusqu’à ce chantier ? Quel est le port ou l’aéroport le plus proche du chantier ? Quelles sont nos options de stockage en entrepôt, et combien cela coûterait-il ?
Étant donné que Maranatha accueille généralement des bénévoles étrangers pour de courts séjours consacrés à des travaux de construction et à des actions de proximité, d’autres questions doivent également trouver une réponse. Est-il facile de faire venir des personnes — ou d’obtenir des visas — dans ce pays ? Le billet d’avion pour s’y rendre est-il coûteux ? Quelles sont les options ? Y aurait-il des problèmes potentiels avec les autorités locales, les syndicats ou les forces de l’ordre locales si nous lancions un projet de construction ? Disposons-nous de lieux à proximité où les bénévoles pourraient éventuellement loger pendant leur séjour ? Qu’en est-il des questions ou des préoccupations liées à la sécurité ? La liste est presque infinie.

Attentes et soutien des donateurs
Dans le même temps, la question des attentes se pose généralement, reconnaissent les dirigeants de Maranatha. « Ces réunions préliminaires et de faisabilité permettent de déterminer ce qu’ils ont en tête, ce que nous pouvons leur apporter et ce que nous attendons des dirigeants de l’Église au cas où nous déciderions d’aller de l’avant, » a expliqué Don Noble. « Il est important que nous trouvions un terrain d’entente et parvenions à un accord. Nous avons une grande expérience en matière de travail dans des contextes variés, face à des réalités et des défis logistiques différents. Il est essentiel de définir des attentes réalistes et de s’assurer qu’ils comprennent et acceptent notre modèle. »
Kenneth Weiss et Don Noble ont également mis en lumière la façon dont fonctionne habituellement le financement de Maranatha. Le ministère de soutien ne reçoit ni fonds ni dotations directement de l’Église, et dépend principalement des contributions de donateurs privés. « Souvent, lorsque nous décidons d’aller de l’avant, nous ne savons pas exactement d’où viendront les fonds, » a expliqué Don Noble. « Les donateurs nous disent généralement : ‘Commencez à aller de l’avant, et nous vous soutiendrons.’ Mais cela signifie que nous nous lançons souvent avant de savoir avec certitude quand, comment, voire si nous obtiendrons un jour les fonds dont nous avons besoin. »

Malgré ces défis et bien d’autres encore, Don Noble affirme avoir appris à ne pas s’inquiéter à l’avance. « Nous savons que si une idée ou un projet vient de Dieu, les fonds nécessaires viendront, » a-t-il déclaré. « Tout au long de l’histoire de Maranatha, nous nous sommes retrouvés dans de nombreuses situations où nous savions que nous dépendions de l’intervention de Dieu. Et Il est toujours venu à notre secours. Il ne nous a jamais laissés tomber. Par la foi, nous savons que notre travail en Colombie ne fera pas exception. »


