De la crise à la croissance : ADRA rapporte un renforcement de son financement ainsi qu’une portée mondiale renouvelée
Paulo Lopes fait état d’un renforcement des ressources, de nouveaux financements et d’un recentrage sur le rôle d’ADRA dans la mission de l’Église.
Le 12 octobre 2026 | Silver Spring, Maryland, États-Unis | Libna Stevens pour Adventist News Network
Il y a un an, Paulo Lopes n’avait qu’un seul mot pour décrire la situation à laquelle était confrontée l’Agence de développement et de secours adventiste (ADRA) International : crise.
Mais en s’adressant aux membres du comité exécutif de la Conférence générale le 11 octobre dernier, le président d’ADRA International a présenté une analyse différente.
« Je me présente aujourd’hui devant vous avec un rapport positif, a déclaré M. Lopes. Un rapport bien meilleur [que l’an dernier]. »
Lors de son intervention devant le Concile annuel, il a décrit une agence sortant de ce qu’il a qualifié de « période tumultueuse », profitant actuellement de ressources accrues et de nouvelles possibilités de financement tout en mettant à nouveau l’accent sur la compassion ainsi que sur le rôle d’ADRA dans la mission de l’Église adventiste du septième jour.

« Il faut tout un groupe pour mener à bien l’œuvre que Dieu nous a confiée », a-t-il dit.
La croissance en cette année de crise
En 2025, ADRA est venue en aide à 8,6 millions de personnes et a mobilisé 328 millions de dollars américains à travers son réseau mondial, soit une augmentation de 32 % par rapport à 2024.
Mais il ne souhaite pas voir les personnes soutenues comme de simples statistiques.
« Chez ADRA, nous veillons tout particulièrement à ne pas réduire les personnes à de simples chiffres, a-t-il déclaré. Car derrière ces chiffres, il y a des familles. Il y a des enfants. Il y a des mères. Des personnes qui vivent d’énormes difficultés personnelles et communautaires. »
Paulo Lopes, président d’ADRA International, rend hommage à son équipe de direction lors de son rapport au Concile annuel, le 11 octobre 2026, en la remerciant ainsi que l’ensemble du personnel d’ADRA à travers le monde pour leur engagement. [Une photo de George Nelson/AME (CC BY 4.0)]
Cette croissance s’est produite au cours d’une année marquée par d’importantes difficultés financières.
« N’oubliez pas que 2025 a été une année de crise, a explilqué M. Lopes. Et pourtant, nous avons réussi à mobiliser 328 millions de dollars et à utiliser ces fonds pour venir en aide à ces 8,6 millions de personnes. »
« En cette année de crise, Dieu nous a donné 32 % de plus », a-t-il ajouté.
L’espoir au-delà des chiffres
M. Lopes a illustré l’impact humain de ce travail à l’occasion d’une récente visite en Syrie, où les communautés continuent de se remettre de 14 années de conflit.
Il s’est remémoré ces enfants qui n’avaient jamais connu la vie sans guerre, sans déplacement et sans incertitude. Dans une école remise en état par ADRA, il a observé des enfants chanter et parler de leurs rêves d’avenir.
Dans les communautés voisines, ADRA a contribué au rétablissement de l’accès à l’eau potable et à la reconstruction des moyens de subsistance. Un responsable local a décrit une station d’approvisionnement en eau remise en état comme étant bien plus qu’un simple projet de service, affirmant qu’elle représentait le rétablissement « d’une source de vie et de la dignité d’êtres humains ».
« Nous ne nous contentons pas de reconstruire les infrastructures, a-t-il déclaré. Nous redonnons de la dignité. Nous entretenons l’espoir et nous manifestons l’amour de Dieu par la compassion et le service. »
« Parfois, a-t-il ajouté, la plus belle preuve de cet espoir réside dans le sourire d’un enfant qui ose à nouveau rêver. »

Pour l’avenir, selon M. Lopes, ADRA s’efforce de devenir plus résiliente, durable, innovante et efficace. Sa stratégie s’articule autour de quatre axes : le renforcement de son identité confessionnelle et de son intégration au sein de l’Église adventiste, la diversification de ses sources de financement, la promotion du bien-être de ses employés et bénévoles ainsi qu’une meilleure articulation entre les interventions d’urgence et le développement à long terme.
ADRA procède également à une révision de sa structure organisationnelle afin d’améliorer son efficacité et d’accroître son impact.
« La même mission, une nouvelle approche de la crise humanitaire mondiale », a-t-il dit, soulignant que « nous sommes plus forts lorsque nous sommes unis ».
Il a cité l’intervention d’ADRA à la suite du récent tremblement de terre au Venezuela comme exemple de compassion mise en pratique grâce à son association avec l’Église. En collaboration avec le personnel des églises locales, les communautés et les bénévoles, ADRA a mobilisé des ressources pour venir en aide à plus de 40 000 personnes, et les opérations de secours se poursuivent encore à ce jour.
Nouveau financement après la perte du soutien de l’USAID
M. Lopes a également fait état d’un changement important dans les perspectives de financement d’ADRA après que l’agence eut perdu la majeure partie de son financement du gouvernement américain en 2025, lorsque cette agence américaine (USAID pour U.S. Agency for International Development) a été démantelée.
« Mais je n’ai jamais cessé de croire que Dieu subviendrait à nos besoins », a-t-il dit.

« Je ne peux qualifier ce que je viens de vous montrer d’autre chose qu’un miracle, s’est-il exclamé. Car l’année dernière, nous n’aurions jamais, au grand jamais, pu imaginer que Dieu pourvoirait à nos besoins d’une manière aussi extraordinaire. »
« Nous sommes partants à 100 % »
La compassion sera également au cœur de la participation d’ADRA à UneVoix27, la campagne d’évangélisation mondiale de l’Église.
« Nous sommes partants. Nous sommes partants à 100 % », a déclaré M. Lopes.
ADRA prévoit trois initiatives : le livre de méditations Serving Like Jesus: Love in Action, qui rassemble des témoignages issus de l’ensemble de son réseau mondial, une Journée mondiale de la compassion visant à mobiliser ADRA et les membres d’église pour des actions au service de la communauté et les « Centres de compassion », qui mettront des ressources numériques sous formes d’histoires à la disposition d’ADRA et de l’Église.
D’après M. Lopes, l’objectif était d’amener l’Église à s’exprime non seulement « d’une seule voix », mais aussi « d’un seul cœur ».
« Un cœur rempli de compassion », a-t-il dit.

Selon M. Lopes, cette importance accordée à la compassion est indissociable de l’identité d’ADRA.
« ADRA est bien plus qu’une ONG ou un organisme humanitaire, a-t-il souligné. Nous sommes un ministère de l’Église adventiste du septième jour. »
Dans 120 pays, le personnel d’ADRA vient en aide aux personnes victimes de catastrophes, de famine, de déplacements forcés et d’autres crises.
« Il ne s’agit pas que de travail humanitaire, mes amis, a-t-il insisté, mais d’un ministère. C’est la mission dans ce qu’elle a de meilleur. C’est l’Évangile en action. »
Il a exhorté les responsables de l’Église à ne pas laisser ce ministère se détacher de la mission plus large de l’Église.
« Je vous en prie, ne laissez pas ADRA passer inaperçue dans la mission de notre Église, a imploré M. Lopes. Nous faisons partie intégrante de cette mission. Nous partageons la même identité, la même vocation et le même espoir. »
Il a demandé aux responsables de ne pas oublier les milliers d’employés et de bénévoles d’ADRA qui œuvrent dans des lieux difficiles et parfois dangereux. « Leur ministère est aussi celui de cette Église, a-t-il déclaré. Leur ministère est notre mission. »

« Nous œuvrons chaque jour pour un avenir où la souffrance même que nous nous efforçons de combattre aura disparu à jamais, a-t-il déclaré. Mais d’ici ce jour glorieux, il reste du travail à accomplir. »
D’ici là, a-t-il ajouté, « il y a des vies à sauver, une dignité à rétablir et de l’espoir à partager ».
Il a adressé trois demandes aux responsables, leur demandant de prier pour ADRA, de soutenir son œuvre par leur leadership, leur influence et leurs ressources puis de faire connaître son ministère sur l’ensemble de leurs territoires.
« Demeurons une Église unie, n’ayant qu’une seule mission et une seule voix, a demandé M. Lopes, pour proclamer l’espérance de Jésus-Christ et pour présenter son amour à un monde qui souffre. »
Pour en savoir davantage sur ADRA et découvrir comment soutenir son travail, rendez-vous sur adra.org.


