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Un professeur de l’Université de Montemorelos offre des premiers soins psychologiques aux familles en deuil et aux répondants d’urgence dans la région durement secouée de La Guaira.

Le 30 août 2026 | Montemorelos, Nuevo León, Mexique | Laura Marrero et Libna Stevens, Actualités de la Division interaméricaine

« Ah, cher Mexicain, le Mexique a perdu! » a dit un survivant à Moisés Manzano alors qu’ils regardaient ensemble un match de la Coupe du monde. 

L’homme venait de subi une terrible perte dans le séisme qui a secoué le Venezuela le 24 juin dernier. Plutôt que de rediriger la conversation vers la tragédie, le psychologue formé en premiers soins psychologiques, a simplement discuté de football avec lui.

Moisés Manzano, professeur à l’Université de Montemorelos et bénévole pour CADENA, accompagne des survivants du séisme à La Guaira, au Venezuela, lors de sa première mission humanitaire internationale. [Une photo offerte par CADENA]

Pendant quelques minutes, le survivant a vécu quelque chose d’ordinaire durant son bouleversement. Plus tard, il a remercié M. Manzano pour le bon moment. 

Pour lui, qui est professeur à l’Université de Montemorelos, au Mexique, la rencontre a illustré une partie importante du soutien psychologique après la catastrophe : parfois, aider commence par l’écoute, la présence et le simple fait de laisser la personne vivre un moment de normalité.

Ce moment fut l’un parmi tant d’autres durant son travail dans la région durement secouée de La Guaira, où il a offert des premiers soins psychologiques du 30 juin au 8 juillet dans le cadre de sa première mission internationale avec CADENA, un organisme humanitaire d’intervention d’urgence. En effet, le 24 juin dernier, deux puissants tremblements de terre ont secoué la région à moins d’une minute d’intervalle.

Besoin d’évaluations sur le terrain

Au cours des premiers jours de l’intervention, M. Manzano et l’équipe de CADENA ont visité des refuges traditionnels et improvisés, ont traversé les communautés affectées et rencontré des organismes humanitaires afin de déterminer les endroits où le besoin d’aide était le plus criant.

En effet, il s’est concentré sur l’identification des besoins émotionnels et a offert des premiers soins psychologiques aux survivants et à leur famille ainsi qu’aux sauveteurs, aux paramédicaux, aux bénévoles ainsi qu’au reste du personnel d’urgence.

« La santé mentale est une composante fondamentale dans de telles situations », a-t-il souligné.

Il lui a été particulièrement difficile d’accompagner des gens à la morgue pour identifier des proches et des familles demeurées près d’un bâtiment effondré en attente de nouvelles ou de récupération des corps pour commencer leur processus de deuil.

Moisés Manzano (au bout à droite), membre de l’équipe d’intervention humanitaire de CADENA, offre des premiers soins psychologique aux survivants du séisme à La Guaira, au Venezuela. [Une photo offerte par CADENA]

« Notre travail consiste à rester auprès d’eux, à les écouter et à les accompagner dans l’incertitude », a-t-il dit.

Écouter avant de demander

Les premiers soins psychologiques nécessitent une écoute attentive sans revictimiser les survivants, a-t-il expliqué. Tout en répondant aussi à leurs besoins immédiats, les répondants ont laissé les survivants choisir quand parler et la quantité d’informations à partager.

Certains survivants avaient passé plusieurs jours sans pouvoir se laver, faisant des petites trousses d’hygiène une forme d’aide importante.

« Les premiers soins psychologiques commencent par l’écoute active, a dit M. Manzano. Nous respectons le rythme de chaque personne et attendons qu’ils décident de parler de leur expérience. »

L’équipe a aussi offert du soutien psychologique, particulièrement aux enfants. CADENA conçoit du matériel pour améliorer la résilience des enfants affectés par les catastrophes, reconnaissant que le rétablissement émotionnel peut se poursuivre bien après la fin des opérations de secours.

Les familles en attente près des bâtiments effondrés avaient aussi des décisions difficiles à prendre. M. Manzano a rencontré des familles en désaccord sur l’utilisation ou non de machinerie lourde pour accélérer les efforts de recherche, comparant la possibilité de trouver des survivants aux risques encourus.

Pour lui, ces situations soulignent l’importance d’offrir du soutien aux familles faisant face à une incertitude extraordinaire.

Moisés Manzano accompagne une famille affectée par le tremblement de terre à La Guaira, au Venezuela. [Une photo offerte par CADENA]

L’expérience par le service

M. Manzano a commencé à travailler avec CADENA en 2021 lors d’une intervention d’urgence à Puebla, au Mexique. Après ce déploiement, il a été invité à se joindre à l’équipe de psychologues de l’organisme et a, depuis, reçu une formation continue en premiers soins psychologiques et en intervention d’urgence.

Il a notamment participé, au Mexique, à des interventions à la suite de l’ouragan Otis ayant causé des inondations à Puebla, puis après la catastrophe minière de Coahuila.

Le déploiement au Venezuela a renforcé sa conviction que les soins émotionnels forment une partie essentielle de l’intervention en situation de catastrophe.

La foi dans la crise

M. Manzano a dit que sa foi chrétienne a façonné sa façon d’approcher les gens qui vivent une grande perte.

« Ma foi donne un sens à chacune de mes actions, a-t-il dit. Elle me rappelle que chaque personne est précieuse et qu’elle mérite d’être traitée avec dignité, respect et compassion. »

Pendant qu’il était au Venezuela, son frère lui a parlé de l’histoire biblique de Job et de résilience. Il a aussi remarqué que les survivants exprimaient leur foi dans la perte. 

« Bien des gens remerciaient Dieu pour une nouvelle occasion de vivre, a-t-il dit. Leur capacité à trouver de l’espoir dans l’adversité a aussi fortifié ma confiance en Dieu. »

Durant sa mission au Venezuela, l’équipe de CADENA a visité des refuges et des communautés affectées par le séisme pour évaluer les besoins et offrir de l’aide aux survivants. [Une photo offerte par CADENA]

L’expérience a aussi approfondi sa compréhension du service.

« J’ai compris que le service, c’était aussi être disponible et marcher avec quelqu’un qui passe par des moments difficiles », a-t-il dit.

Du terrain à la salle de classe

Depuis, M. Manzano est retourné à l’Université de Montemorelos, où il donne des cours liés à l’intervention en situation de crise et où il peut enseigner des leçons tirées du terrain.

« Chaque intervention solidifie mon travail en classe, a-t-il expliqué. Quand je donne des cours liés à l’intervention en situation de crise, je peux partager des outils que j’ai découverts sur le terrain.

Et malgré les scènes difficiles dont il a été témoin, la gratitude exprimée par les survivants demeure parmi ses plus beaux souvenirs. Dans les refuges, à l’aéroport et au moment où l’équipe humanitaire se préparait à quitter le Venezuela, les gens remerciaient les répondants d’être venus les aider.

À son avis, leurs paroles ont exprimé l’importance d’être simplement présents : « Merci. Merci d’être venus jusqu’ici pour nous aider. »

Traduction : Marie-Michèle Robitaille