11 octobre 2026 | Silver Spring, Maryland, États-Unis | Marcos Paseggi, Adventist Review

« En tant que dirigeants, nous devons agir de manière réfléchie pour préserver l’équilibre au cœur des tensions, » a déclaré Justin Kim, rédacteur en chef d’Adventist Review, aux dirigeants adventistes du septième jour lors de la première journée complète de rencontres du Comité Exécutif de la Conférence Générale (GC EXCOM), le 8 octobre. Au cours de son bref message, Justin Kim a passé en revue les tensions de longue date au sein de la vie de l’Église et de sa direction, et a proposé une voie à suivre, notamment en ce qui concerne la manière dont les médias sont utilisés pour soutenir la mission de l’Église.

Les tensions sont inévitables

Selon Justin Kim, les tensions au sein de la direction sont inévitables. « Tout comme les planètes ne doivent être ni trop proches ni trop éloignées du soleil pour permettre la vie, les universitaires doivent trouver le juste milieu entre la simplicité et la complexité ; les trésoriers doivent trouver un équilibre entre les dépenses et l’épargne ; [et] les secrétaires exécutifs doivent lutter pour le collectif ou l’individuel, » a-t-il déclaré. Dans le même temps, « les présidents doivent trouver le juste équilibre entre exercer le pouvoir et retenir le puvoir, [et] les chargés de communication doivent trouver l’équilibre entre efficacité et efficience ».

Le 8 octobre, à Silver Spring, dans le Maryland, Justin Kim, rédacteur en chef d’Adventist Review, discute des tensions au sein de l’Église concernant le rôle des médias dans la mission et propose des pistes sur la façon dont les dirigeants adventistes peuvent les aborder. [Tor Tjeransen/Adventist Media Exchange (CC BY 4.0)].

« Dans la théologie adventiste, on observe cela tout le temps, » a expliqué Justin Kim. « La justification et la sanctification, la grâce et les œuvres, » a-t-il déclaré. « Le principe et la compassion, les personnes et les idées, l’humanité et la divinité, la première venue et la seconde venue, la miséricorde et la justice. »

Au cours des minutes qui ont suivi, Justin Kim a abordé trois sources de tension entre les médias et la mission.

Passé ou avenir ?

L’une de ces sources est constituée par les personnes nostalgiques de l’histoire. « Quand on se tourne vers le passé, ce sont ces idéaux-là qui ont fait leurs preuves, et chaque fois que quelqu’un propose quelque chose dans l’avenir, cela ne vous plaît pas, car vous ne savez pas si cela va fonctionner. Ce sont des personnes qui s’appuient sur leurs souvenirs, »,a-t-il déclaré.

D’autres, a expliqué Justin Kim, se tournent vers l’avenir et l’incertitude, l’inconnu, ainsi que vers un espoir bien plus radieux que le passé. Ils disent : « Nous ne savons pas à quoi cela ressemblera, mais l’avenir s’annonce bien meilleur qu’aujourd’hui. Ce sont des personnes qui s’appuient sur leurs rêves, » a dit Justin Kim.

Justin Kim a ensuite expliqué que la situation actuelle de chaque personne allait créer des tensions au sein de l’Église. « Cela n’a rien à voir avec l’âge… [ni] avec la théologie — qu’elle soit conservatrice ou libérale, » a-t-il déclaré. « Il s’agit d’une tension liée au cadre temporel. » Il a ajouté : « Le tempérament de certaines personnes est de telle nature, la culture d’autres personne est ainsi faite, et le fonctionnement neurologique d’autres encore est de telle nature. Puisque nous avons tous des expériences différentes, cela aura une incidence sur la manière dont vous percevez les médias et la technologie, sur votre vision de l’institution et sur votre vision du leadership. »

Justin Kim a ensuite suggéré de dépasser ces deux extrêmes que sont l’orientation qui s’appuie sur les souvenirs et celle qui se base sur les rêves et à être de ceux qui s’appuient sur la mission. « Nous devons être ancrés dans le présent, nous devons nous tourner vers le passé pour nous rappeler comment nous avons commencé, et cela nous donne l’élan nécessaire pour aller vers l’avenir, » a-t-il déclaré. « Être orienté vers la mission, c’est englober à la fois le présent, le passé et l’avenir. »

Les membres du Comité Exécutif de la Conférence Générale écoutent les présentations faites lors de la Conférence LEAD, qui a marqué le coup d’envoi du Concile Annuel à Silver Spring, dans le Maryland, aux États-Unis, le 8 octobre. [George Nelson/Adventist Media Exchange (CC BY 4.0)].

Institution ou mouvement ?

Il existe également une tension entre l’Église en tant qu’institution et en tant que mouvement, a reconnu Justin Kim. La première met l’accent sur les règlements, les procédures et les systèmes. « Elle se préoccupe de sa survie à long terme et repose sur la continuité, » a-t-il déclaré. « Et il y a toujours le risque qu’une institution devienne une organisation de type entreprise, axée sur le profit. »

Cette dernière approche est risquée, car « elle est tournée vers l’avenir. Elle est décentralisée et repose sur l’influence, » a-t-il déclaré. « Son cycle de vie est court, et elle repose sur le charisme ou la personnalité d’un individu. Si cette personne venait à décéder, tout le mouvement s’évanouirait, » a-t-il dit pour illustrer.

Mais plutôt que d’être un mouvement ou une institution, l’Église adventiste devrait s’efforcer d’être ouverte à la mission, a suggéré Justin Kim. « Cela implique à la fois des règlements et de la passion, des procédures et des convictions, des systèmes et une vision, » a-t-il expliqué.

Par dessus tout, a souligné Justin Kim, « pour qu’une Église puisse aller de l’avant, elle doit être centrée sur la personne et axée sur le sacrifice .»

Perception ou performance ?

Une troisième tension au sein de l’Église, a mentionné Justin Kim, se situe entre la perception et la performance. La perception met l’accent sur les relations publiques, l’image de marque, les médias et le service communautaire, pour n’en citer que quelques éléments. Les personnes axées sur la perception « se soucient de l’image que renvoie l’Église à l’extérieur, » a déclaré Justin Kim. « Elles se concentrent sur les relations avec les autres, l’exercice du ministère, le fait de gagner la confiance, et elles envisagent l’Église dans une perspective à long terme. »

Ceux qui se concentrent sur la performance, en revanche, mettent l’emphase sur les chiffres, les résultats et le rendement. « Ce sont des personnes qui mettent l’accent sur les baptêmes, les programmes de moisson… et les appels, » a dit Justin Kim.

Pour que l’Église puisse aller de l’avant, a suggéré Justin Kim, ces deux parties doivent entretenir un dialogue constant. « C’est une approche dialogique, où l’on ne considère pas les choses en termes de « soit l’un, soit l’autre, » mais de « et l’un, et l’autre. » » Justin Kim s’est réjoui de pouvoir indiquer que, selon lui, c’est précisément ce que fait déjà l’Église adventiste, grâce à l’attention renouvelée que ses dirigeants accordent à l’intégration. L’interconnexion et l’interdépendance constituent la voie à suivre, a-t-il déclaré.

Des dirigeants agiles

Pour que la mission dans les médias soit efficace, tous ces éléments doivent être combinés, a répété Justin Kim. « Nous devons prendre en compte les idéaux du passé, les réalités du présent et l’espoir pour l’avenir, » a-t-il déclaré. « Nous devons adopter une perspective inclusive de la mission, alliant l’intégrité institutionnelle et la dynamique propre à la vision d’un mouvement. »

Enfin, Justin Kim a suggéré : « Les différentes étapes et les différentes régions de l’Église exigent des responsables qu’ils fassent preuve de souplesse ,» capables de marcher sur la bande étroite qui se trouve au milieu, a-t-il souligné. « C’est bien plus profond que la simple recherche d’un équilibre. Cela exige de suivre Jésus avec sagesse, prudence et sensibilité. »