Le rapport du Secrétariat appelle les adventistes à prendre au sérieux la mission mondiale
12 octobre 2026 | Silver Spring, Maryland, États-Unis | Marcos Paseggi, Adventist Review
« Prenons-nous encore au sérieux la mission mondiale ? Quand notre mission sera-t-elle achevée ? »
Ces questions percutantes, posées par Rick McEdward, secrétaire de la Conférence Générale, ont marqué le début d’un rapport de deux heures présenté par le Secrétariat lors du Concile Annuel de l’Église adventiste du septième jour, qui s’est tenu à Silver Spring, dans le Maryland aux États-Unis, le 11 octobre.
Rick McEdward a rappelé aux membres du Comité Exécutif (GC EXCOM) que nous avons le privilège de nous associer à Dieu dans Sa mission visant à redonner espoir et joie à ce monde. C’est la raison pour laquelle tout ce que font les dirigeants de l’Église doit servir à motiver, inspirer, faciliter et soutenir la mission de l’Église. « C’est pourquoi Recentrage sur la Mission [une initiative visant à évaluer et à redéployer les ressources missionnaires à l’échelle mondiale] est si importante, » a expliqué Rick McEdward. « C’est notre réponse à l’appel divin à la mission de première ligne. »

Comment y parvenir
Pour que la mission reste pertinente aujourd’hui, il est essentiel de se recentrer sur des « fenêtres » spécifiques : les territoires missionnaires les plus difficiles au monde, où l’Église doit s’engager activement. Ces territoires comprennent la fenêtre 10/40, où vit la majeure partie de la population mondiale mais où le christianisme ne représente qu’une petite minorité ; la fenêtre urbaine, qui regroupe les villes les plus peuplées du monde ; et la fenêtre des sociétés post-chrétiennes et sécularisées, principalement en Europe de l’Ouest.
Pour atteindre ces populations, certains changements s’imposent, notamment une réorganisation du processus d’envoi des missionnaires. L’initiative Recentrage sur la Mission vise à rationaliser ce processus et à affecter davantage de ressources là où elles sont le plus nécessaires. Comme l’a expliqué Rick McEdward, cela signifie « réaffecter activement les budgets vers la ligne de front de la mission. »
« Nous améliorons notre processus de recrutement, d’envoi et d’accompagnement des nouveaux missionnaires, afin de le rendre plus efficace, » a déclaré Rick McEdward. « De plus, nous nous impliquons dans la formation, l’accompagnement et le soutien, avec pour objectif principal la création de nouvelles congrégations. »
Au-delà des nombreux chiffres, pourcentages et ratios, les témoignages concrets reflètent en partie la richesse de l’expérience missionnaire adventiste à travers le monde. Le rapport de Rick McEdward et de son équipe allie des statistiques et des tendances à la hausse à des témoignages vécus, ainsi qu’aux implications pour un mouvement en croissance axé sur la mission.

Prêts pour la mission et les uns pour les autres
Les dirigeants ont raconté, entre autres témoignages, l’histoire de deux jeunes gens qui ont grandi à des milliers de kilomètres l’un de l’autre. « Le Seigneur les préparait à la mission et l’un pour l’autre avant même qu’ils ne s’en rendent compte, » a déclaré Elbert Kuhn, directeur du Service Adventiste du Volontariat (AVS), lors d’une brève présentation. L’une des deux était une jeune femme coréenne qui n’était même pas chrétienne lorsqu’elle a commencé à fréquenter une université adventiste. « C’est là qu’elle a rencontré Jésus et découvert l’une des 300 écoles missionnaires destinées aux volontaires, » a expliqué Elbert Kuhn. Elle a finalement été baptisée.
Elle a ensuite été informée qu’il y avait une offre d’emploi d’enseignante dans une école pour réfugiés syriens à Beyrouth, au Liban. La jeune femme a postulé pour ce poste et a été retenue.
À des milliers de kilomètres de la Corée, aux États-Unis, un jeune homme a senti qu’il était appelé à servir en tant que missionnaire. Cet appel l’a conduit à étudier la théologie à l’Université du Moyen-Orient, a expliqué Elbert Kuhn. « Au Liban, ces deux histoires sont devenues une, » a-t-il déclaré. « Ils se sont rencontrés lors d’un projet missionnaire, ils ont œuvré ensemble, ils sont tombés amoureux et ils se sont mariés. » Ils se préparent maintenant à partir en tant que missionnaires à long terme dans un pays dont le nom n’a pas été divulgué, a indiqué Elbert Kuhn.
« C’est bien plus qu’une belle histoire, » a déclaré Elbert Kuhn. « C’est une illustration de ce qu’est réellement Recentrage sur la Mission. » Il a ajouté : « La mission n’est pas quelque chose que nous menons de manière isolée. C’est tout un écosystème. »

Connexion à UneVoix27
Les efforts initiés par Recentrage sur la Mission s’inscrivent dans le cadre de « UneVoix27, une initiative qui vise à faire connaître Jésus comme jamais auparavant par le biais des réseaux sociaux et d’autres activités en 2027 et au-delà, a déclaré Rick McEdward. Selon lui, ces deux initiatives ne constituent pas deux programmes missionnaires distincts, mais un seul et même programme, axé sur la proclamation de Jésus. Le Secrétariat et Mission Adventiste devraient renforcer leur présence en tant qu’agents de liaison à cette initiative, a dit Rick McEdward.
Tous les services du Secrétariat seront mobilisés. Cela inclut Mission Globale, » qui consacrera 5,4 millions de dollars américains à 110 villes non encore évangélisées et 540000 dollars au ministère numérique dans la fenêtre 10/40 et la fenêtre des régions post-chrétiennes. Mission Adventiste collabore avec les divisions du monde entier pour sélectionner les villes où l’emphase sera placée. De Bangkok, Jakarta et Karachi à Munich, Paris et Londres, Mission Adventiste travaille avec les différentes régions de l’Église pour combler le fossé entre l’évangélisation numérique et l’implantation d’Églises, a indiqué Rick McEdward.
Les Centres de Mission Globale établiront la stratégie et assurertont l’accompagnement dans le cadre de ces initiatives, tandis que les Services et les Ressources du Personnel International (IPRS) enverra des familles de missionnaires dans bon nombre de ces villes « afin de faire le lien entre le ministère en ligne et le suivi en personne. »
Rick McEdward a également expliqué comment l’Institut de la Mission Mondiale continuera à former et à accompagner des personnes en vue d’un service dans un contexte interculturel, tandis que VividFaith publiera des appels à servir dans le cadre d’UneVoix27, et que le Service Adventiste du Volontariat formera des jeunes pour qu’ils deviennent des pionniers du numérique. Les équipes du Secrétariat s’emploient à mettre au point un outil de suivi de l’intérêt et à identifier des moyens de soutenir la formation de disciples ainsi que le retour des anciens membres.
« Comme vous pouvez le constater, chaque aspect de Secretariat est au service de la mission, » a déclaré Rick McEdward. « Et la meilleure façon de s’engager dans l’initiative Recentrage sur la Mission est de commencer par vous impliquer personnellement dans UneVoix27. »

Envoyer davantage de missionnaires
Dans la dernière partie de son rapport, Rick McEdward a rappelé aux membres du Comité Exécutif de la Conférence Générale (GC EXCOM) qu’à l’heure actuelle, l’Église adventiste envoie un missionnaire pour chaque segment de 45000 membres à l’échelle mondiale. « Je pense que nous pouvons faire mieux, » a-t-il dit. « Imaginez que chaque union, chaque fédération, chaque mission, chaque institution… chaque église locale s’engage dans une démarche missionnaire. Est-ce irréaliste d’envisager un missionnaire pour chaque tranche de 10000 membres dans le monde ? » Il a ajouté : « Et pourquoi pas un missionnaire pour 5000 membres au sein de l’Église mondiale ? Si tel était le cas, nous aurions 4800 missionnaires interculturels à temps plein. Et je ne peux pas cacher que je prie pour qu’il y en ait davantage. »
Rick McEdward a invité quelques pionniers à partager des témoignages illustrant comment, selon lui, Dieu a œuvré et ouvert des portes dans des régions jusque-là inexplorées. Parmi ceux-ci figurait le témoignage de Delmar Reis, président de la Mission Albanaise. Bien que ce pays, fermé à la foi chrétienne pendant des décennies, soit extrêmement sécularisé, les perspectives ont changé alors que l’Église adventiste prie et s’efforce d’établir des liens avec ses citoyens.
Deux histoires, un seul exemple
Delmar Reis a raconté l’histoire d’Era, une femme qui avait rencontré une famille de missionnaires adventistes il y a 25 ans. Récemment, après avoir prié pour renouer avec Dieu, elle a rencontré un groupe de bénévoles adventistes et a découvert qu’il y avait une église adventiste à Tirana. Elle a commencé à fréquenter l’église, a suivi des études bibliques et a été baptisée le 5 septembre. « Comme le dit Actes 18:10, le Seigneur m’a rappelé [qu’Il a encore] de nombreuses personnes dans cette ville, » a déclaré Delmar Reis.
Une autre histoire nous vient de Caroline du Nord, aux États-Unis, où Sergio Quevedo, ancien pasteur d’une église locale à Charlotte, a raconté comment sa congrégation avait choisi de regarder au-delà de sa propre communauté pour devenir une « église qui envoie » des missionnaires. Sergio Quevedo a pris contact avec Delmar Reis afin d’étudier comment la congrégation pourrait soutenir l’œuvre adventiste naissante en Albanie.

« Alors que je réfléchissais à la manière de récolter les fonds nécessaires pour envoyer des missionnaires, j’ai reçu un appel de l’un de mes anciens m’informant que les climatiseurs de l’église [ne fonctionnaient pas] et qu’il nous fallait de 100000 dollars pour les remplacer, » a dit Sergio Quevedo.
Sergio Quevedo s’est adressé au comité d’église et leur a dit que, malgré leur difficulté, ils avaient maintenant l’opportunité de soutenir un centre d’influence en Albanie. « Occupons-nous de la mission de Dieu, » a-t-il déclaré au comité d’église, « et Dieu s’occupera de nos affaires ici. »
Les membres d’église ont accepté d’aller de l’avant, mais alors que la date de remplacement des climatiseurs approchait, ils ne disposaient toujours pas des fonds nécessaires et ne souhaitaient pas prélever des fonds destinés à la mission en Albanie.
Quelques mois plus tard, ils ont été surpris d’apprendre que certains membres avaient reçu des remboursements de l’assurance pour des sinistres et des réparations de logements en mauvais état, qui s’élevaient au total à 50000 dollars, et qu’ils en faisaient don à l’église. Lorsque les techniciens en climatisation ont évalué le problème, ils ont constaté qu’un seul appareil devait être remplacé ; l’autre pouvait être réparé et fonctionner encore cinq ans. Le coût ? 50000 dollars. « Si nous nous concentrons sur la mission de Dieu, Il pourvoit à nos besoins, » a déclaré Sergio Quevedo.
Le défi consiste maintenant pour chaque région ecclésiale et chaque institution, à reproduire ce modèle, en travaillant en partenariat afin d’augmenter le nombre de missionnaires à travers le monde, a dit Rick McEdward. Il a posé les questions suivantes : « Pouvons-nous nous rendre dans de nouvelles régions, quelles que soient les difficultés ? Pouvons-nous manifester l’amour de Dieu dans de nouvelles régions du monde ? Pouvons-nous rayonner davantage en tant qu’Église afin que le salut soit connu jusqu’aux confins de la terre ? »


